Chapitre 4
Intituto de idioma Maryknoll
Mercredi 13 septembre, Dominique et moi nous rendons à l’Institut de langue un peu plus au Nord de la ville. Nous devons prendre un trufi parce que ça ne se fait pas en marchant.
Le système de transport est assez particulier ici. D’abord, il y a les autobus un peu plus petite que ceux que nous connaissons. Ils ressemblent à des minibus. Ensuite, il y a des vans (comme des westfalia) qui peuvent contenir environ 15 à 20 personnes si je ne me trompe pas. Puis il y a les trufis qui sont des taxis collectifs avec un numéro et un itinéraire précis. On peut y entrer en général 5 personnes. Tous ces transports ne coûtent que 1,50 boliviens. Pour vous donner une idée, 1$ U.S. équivaut à 8 boliviens. Tout est moins cher ici ! Et finalement, il y a bien sur les taxis de compagnie et les taxis de particuliers qui coûtent un peu plus cher (environ 3 boliviens pour se promener dans la ville). Et il n’y a pas de stress pour attendre le bus, il en passe assez en 10 minutes qu’en générale, on n’attend pas trop, seulement si les trufis sont plein, ce qui arrive un peu plus dans les heures de pointes. Je dirais qu’il y a plus de taxis que de voitures personnelles.
Parenthèse sur le système de transport terminée, revenons à notre histoire. En entrant dans l’Institut, padre Esteban nous accueille chaleureusement. Dominique le connaît, il est le directeur de l’Institut. Nous lui expliquons ma situation en lui mentionnant : « J’aurais besoin d’un petit coup de pouce pour bien maîtriser la langue puisque je veux travailler dans l’enseignement. » Il nous répond : « Les cours sont commencés depuis une semaine et normalement, nous n’acceptons pas de nouveaux étudiants. Toutefois, comme nous manquons d’étudiants pour ce tour, nous pouvons faire une exception. » (Bien sûr tout cela en anglais ou en espagnol, je ne sais plus, je suis mêlée dans mes langues)
Il nous présente à une dame qui me pose quelques questions et nous explique le fonctionnement des cours. C’est 4 heures de cours par jour. Chaque heure est donnée par un professeur différent. En bout de ligne, il faut calculer 45 minutes parce qu’il faut laisser le temps aux professeurs de se consulter sur les étudiants qu’ils ont en commun. Quatre prof différents, ça m’enchantait puisque j’avais eu des expériences moins bonnes avec d’autres prof. Finalement, la dame me dit de revenir le lendemain pour une entrevue afin d’évaluer mon niveau. Padre Esteban nous fait visiter et nous explique que l’Institut n’a pas pour but unique l’apprentissage de la langue. Ils mettent également l’accent sur la culture ainsi que la rencontre des différents laïcs et religieux qui s’apprêtent à vivre une expérience missionnaire. Pour ce faire, les professeurs sont tous, je crois, d’Amérique latine. De plus, il y a différentes activités d’organisées pour socialiser et connaître la ville. Nous avons également accès à la bibliothèque et aux ordinateurs. Il m’a bien vendu son Institut parce que mon choix penchait drôlement vers ça. J’ai visité la journée même un autre endroit où ils donnent des cours d’espagnol, bien plus près de chez moi, mais mon idée était faite. J’aurais aussi pu avoir un professeur privé mais je n’aurais pas eu tous les avantages que l’Institut m’offrait. Bref, je me suis dit : « Mettons-y le prix, ça en vaut la peine. » En calculant, ça revenait environ à 9$ U.S./heure, ce n’est pas si cher finalement.
Lundi matin 11h30, je me rends à mon premier cours. Les quatre professeurs sont bien sympathiques et différents, ce qui est bon pour moi, je m’habitue à différents accents. Je vais continuer avec eux pour 2 semaines puis je changerai d’horaire et de professeurs pour un autre 2 semaines. Après trois cours de conversation, les professeurs optent pour le livre Continuemos. La semaine se poursuit et je réalise la compétence des professeurs. Je me rends compte qu’ils communiquent vraiment entre eux et prennent le temps de s’adapter à l’étudiant. Il arrive même qu’ils me devancent dans mes questionnements. J’ai l’impression qu’ils connaissent parfaitement mes difficultés et mes forces. Je suis vraiment satisfaite !
Mercredi, après les cours, je me rends à la petite chapelle, où un des prêtres en apprentissage de la langue donne une messe en espagnol. Je trouve cela bien, parce que ça leur donne la chance de pratiquer avant de donner leur messe dans de grandes églises. Et puis tant qu’à être dans la pratique, on m’a demandé de lire le texte de l’évangile, ce que j’ai fait lentement mais sûrement. Après la messe, j’ai assisté à un cours de danse folklorique du Pérou qui s’appelle Huayno (avec une vague sur le n). A suivi une partie de volley ball qui m’a permis de connaître d’autres participants. La seule chose qui m’a un peu embêtée est que les gens parlent anglais en dehors des cours. J’aurais préféré être baignée dans l’espagnol. C’est pourquoi, je jase avec les profs parfois, ils sont vraiment gentils et patients. Je pose beaucoup de questions sur la Bolivie et l’Amérique Latine.
Jeudi matin 11h20, je débarque du trufi et me dirige vers l’Institut. C’est une journée spéciale, c’est la journée du printemps, de la paix et de l’étudiant. Il y a donc un petit rassemblement de 11h30 à 12h30 environ. Là, nous présentons la danse que nous avons apprise la veille. Je crois qu’on s’est bien débrouillés. J’ai eu des bons commentaires de mes profs par la suite. Avec tout ça, je n’ai pas eu mon premier cours. Mais ça fait partie de la philosophie de l’Institut.
En fin de semaine, une randonnée est organisée dans les montagnes. On doit partir à 6h00 a.m. et revenir à 18h00. Je me suis dis : « Hum ! Je crois que mon corps n’est pas prêt pour un pareil effort physique. » J’ai donc passé mon tour pour cette fois mais je me promets de sauter sur la prochaine occasion.
Pendant ce temps les nombreuses démarches pour le VISA suivent leur cours ! Toujours aussi compliquées mais ça, c’est une autre histoire…